Les éditions Hazan publient un ouvrage qui capte l’essence même du peintre de Valence : la lumière. Intitulé Sorolla et signé Joséphine Bindé, ce livre s’inscrit dans la collection « L’Art en lumière ». Il a été conçu comme une expérience visuelle et tactile.
Sorolla ou le peintre de la sensation immédiate
Joaquín Sorolla (1863-1923) saisit la lumière comme une matière vivante. Ses œuvres les plus emblématiques témoignent de cette virtuosité. Dans Promenade au bord de la mer (1909), les robes blanches balayées par le vent deviennent surfaces de réflexion lumineuse. Enfants à la plage (1910) capte l’innocence et le mouvement dans une mer éclatante, où les corps se dissolvent dans les reflets. Avec Triste héritage ! (1899), Sorolla aborde un registre plus grave : la lumière y devient dramatique. Elle révèle des corps fragiles d’enfants malades guidés vers la mer. Enfin, sa fresque monumentale Vision de l’Espagne, commandé pour la Hispanic Society of America, est d’une intensité presque théâtrale.
« Sorolla opte pour un cadrage photographique, en plongée, qui oblitère la ligne d’horizon. »
Longtemps comparé aux Impressionnistes, Sorolla s’en distingue par une approche plus directe. Cette redécouverte s’accompagne d’un événement majeur : la réouverture en 2026 du Museo Sorolla, installé dans l’ancienne maison de l’artiste à Madrid. Ce lieu, resté intact, permet de comprendre au plus près le lien intime entre vie quotidienne, jardin, atelier et création.
La collection « L’Art en lumière » (Hazan) propose une forme éditoriale cohérente avec son sujet
L’ouvrage consacré à Sorolla se distingue par une fabrication particulièrement soignée : reliure luxueuse, impression de haute qualité et jaspage aux reflets métalliques qui capte la lumière selon l’angle de vue. Ce détail n’est pas anodin : il prolonge visuellement l’expérience des toiles du peintre, jouant sur les miroitements.
Chaque reproduction est pensée pour restituer la vibration chromatique propre à Sorolla : blancs irisés, bleus marins, carnations baignées de soleil. Le livre devient ainsi un espace de contemplation, où l’objet lui-même dialogue avec l’œuvre. Cette exigence éditoriale place la collection dans une tradition de bibliophilie contemporaine. On regrette toutefois que certaines reproductions soient traversées par la pliure centrale du livre, ce qui nuit à la lecture des œuvres et en altère la perception.
Une approche qui conjugue exigence académique et clarté narrative
Diplômée de la Sorbonne et de l’École Normale Supérieure, Joséphine Bindé s’impose comme une voix reconnue de la médiation artistique. La journaliste s’est déjà illustrée dans la même collection avec un volume consacré à Pierre-Auguste Renoir. Parallèlement, elle est l’autrice de plusieurs monographies dédiées à des figures majeures de l’histoire de l’art, parmi lesquelles Berthe Morisot, Henri Rousseau ou encore Ingres.
>Dans ce joli ouvrage, Joséphine Bindé déploie une analyse précise du travail de Sorolla, attentive à son inscription dans une modernité européenne. Elle parvient surtout à restituer ce qui fait la singularité du peintre : une peinture de la joie visuelle, où la lumière devient langage.
> Commander le livre Sorolla (éd. Hazan)

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