À Avignon, le Grenier à Sel accueille « Des raisonnements déraisonnables », une exposition personnelle de Julien Prévieux, lauréat du Prix Marcel Duchamp en 2014. Films, dessins, installations et poèmes visuels y composent une enquête critique sur les logiques de l’intelligence artificielle. Au cœur du parcours : une série d’expériences ratées autour du jeu d’échecs qui révèlent, avec une précision presque clinique, les failles des modèles contemporains. Du 18 avril au 27 juin 2026.

« Le dispositif décrit un phénomène d’effondrement », Julien Prévieux
Le jeu d’échecs devient ici un outil critique. Système fermé, régi par des règles strictes, il agit comme un révélateur. Là où l’humain vérifie, l’IA improvise. Là où la règle devrait contraindre, le modèle hallucine. Julien Prévieux documente ainsi une limite structurelle, celle d’un raisonnement statistique incapable de s’auto-corriger pleinement. Né en 1974, l’artiste développe depuis plus de vingt ans une pratique critique des technologies et des normes économiques. Lauréat du Prix Marcel Duchamp, il s’est fait connaître par des œuvres qui détournent les logiques administratives, les bases de données ou les systèmes de surveillance.
Comprendre pour mieux démonter… L’exposition prolonge cette éflexion engagée par l’artiste en 2025 avec Le Monde selon l’IA, au Jeu de Paume à Paris. Le parcours distinguait deux régimes : l’« IA analytique » (vision artificielle, reconnaissance faciale) et l’« IA générative ». En filigrane, une même question : comment les nouvelles technologies, souvent invisibles, transforment-elles la pensée ?

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