L’exposition consacrée à Vincent van Gogh au Château d’Auvers-sur-Oise présente jusqu’au 3 janvier 2027 un réseau d’admirations, de dialogues et de prolongements du maître des Tournesols. En effet, son geste pictural a suscité, dès son vivant et jusqu’à aujourd’hui, des réponses plastiques directes, sensibles, parfois troublantes de proximité.
Dès les premières salles, une figure émerge avec force : Léo Gausson, de sept ans son cadet. Ami de Theo van Gogh, Léo Gausson incarne l’un des tout premiers regards admiratifs portés sur l’œuvre de Vincent. Son Chemin à travers les champs (vers 1891) apparaît comme une réponse immédiate, presque fraternelle. On y retrouve la même tension du paysage, la même structuration par la touche, comme si Léo Gausson tentait de prolonger une vision. Cette proximité naît d’une admiration sincère, formulée du vivant même de Vincent Van Gogh, fait rare à une époque où son travail restait largement incompris.
« Je consigne sur des carnets les voyages de mon regard », Jean-Pierre Plundr
Un siècle plus tard, cette filiation se poursuit sous d’autres formes, notamment dans l’œuvre de Jean-Pierre Plundr. Son tableau intitulé Horizon Tempête (2024) frappe par la densité de sa matière picturale. Ici, la référence à Van Gogh ne relève pas du motif, mais du geste. Les empâtements épais, les stries nerveuses, la manière de faire vibrer la surface rappellent le coup de pinceau de Vincent sans jamais tomber dans la citation littérale. Né en 1957 et installé à Auvers-sur-Oise, Jean-Pierre Plundr construit une œuvre à la croisée de l’écriture et de la mémoire. Son travail trouve sa source dans la pratique de la marche et du carnet.
Le parcours s’achève par une expérience immersive qui prolonge la visite dans un registre plus accessible au jeune public : une vidéo mapping inspiré de Van Gogh, les derniers voyages, conçu avec les artistes Anna Budanova et Shih Yen Huang. Pensée comme une traversée visuelle et sonore de la fin de vie de Vincent van Gogh, signée de Vaiana Gauthier. Un travail graphique produit par le studio Fleur de papier. Ce dispositif, nourri par les recherches de Wouter van der Veen, propose une relecture poétique et incarnée des derniers jours du peintre, transformant la sortie de l’exposition en une expérience émotionnelle : si l’exposition ne montre aucun tableau de Vincent Van Gogh, uniquement des reproductions, elle rend hommage au peintre à travers son absence.
Pour poursuivre la visite de l’exposition, un tour au cimetière s’impose. L’artiste Corneille, figure majeure du groupe Cobra, a souhaité être inhumé à quelques mètres des frères Van Gogh. On y découvre une magnifique fresque colorée. Ce choix n’a rien d’anecdotique. Chez Corneille, les couleurs franches, les formes libres et l’expressivité assumée prolongent, à leur manière, l’élan initié par Van Gogh. Se faire enterrer près de lui, c’est inscrire son œuvre dans une continuité, presque dans une filiation spirituelle. Une manière de rappeler que l’influence ne se limite pas à l’histoire de l’art : elle touche aussi à la mémoire, au territoire, et à la manière dont les artistes choisissent de dialoguer, même après la mort.

L’exposition Van Gogh influenceur, Héritages en mouvement se tient au Château d’Auvers-sur-Oise du 18 avril 2026 au 3 janvier 2027. Le parcours est accessible du mardi au dimanche, de 10h à 18h, avec fermeture le lundi.
Situé rue François Mitterrand, le site est desservi depuis Paris par la ligne H au départ de la gare du Nord.
Les tarifs indicatifs s’établissent autour de 12 € en plein tarif (réductions disponibles), avec des visites guidées proposées à 15 € pour approfondir la lecture de l’exposition.











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