Accueil ART CHEFS-D'ŒUVRE « L’Araignée I » de Germaine Richier entre à Fontevraud

« L’Araignée I » de Germaine Richier entre à Fontevraud

0
1434

Le musée d’art moderne de Fontevraud s’enrichit d’une œuvre majeure : L’Araignée I (1946) de Germaine Richier. Réalisée en 2025, cette acquisition marque une étape symbolique dans l’histoire de cette institution abritée au cœur de l’abbaye royale.

L’Araignée 1 de Germaine Richier devant un tableau de Georges Rousse à Fontevraud

Sculpter le vivant

Germaine Richier est la première artiste femme à exposer au pavillon français de la Biennale de Venise en 1954. À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, l’artiste entame une période d’intense création. Elle conçoit ses premiers hybrides (Le Crapaud, La Sauterelle, L’Homme-forêt) et explore les limites entre l’humain, l’animal et le végétal. « L’Araignée I », réalisée en 1946, marque une rupture technique. Pour la première fois, Germaine Richier intègre des fils de fer à la sculpture. Ces fils tendus entre les membres de l’arachnide structurent la figure. Ils captent l’espace, le recomposent. Le poète Georges Limbour, proche de l’artiste, y voyait un « triangle » tendu entre les extrémités du corps.

L’Araignée I

Germaine Richier figurait déjà parmi les artistes collectionnés par Marthe et Léon Sligman. Ce couple de mécènes éclairés, grands amateurs d’art moderne, a légué au musée de Fontevraud un fonds remarquable, ainsi qu’un million d’euros destiné à l’enrichir. C’est dans cet esprit de continuité que le musée a pu faire l’acquisition de cette sculpture rare.
En intégrant « L’Araignée I », Fontevraud affirme la place des femmes dans l’histoire de l’art du XXe siècle et renforce un axe fort de sa collection : celui de la tension entre formes classiques et expérimentations modernes. Dans le silence des anciennes pierres, l’œuvre de Richier déploie ses fils comme autant de lignes de force reliant passé et présent, nature et humanité, matière et mémoire.