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Gabriel Orozco au MoMA : un squelette de baleine monumental exposé à New York

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L’artiste mexicain Gabriel Orozco expose un squelette de baleine monumental au MoMA de New York. Cette sculpture suspendue intègre des dessins géométriques noirs qui soulignent la structure osseuse du mammifère. L’œuvre illustre la démarche de l’artiste, expert dans l’art de transformer des objets du quotidien en poésie visuelle.

Gabriel Orozco suspend le temps au MoMA de New York

Un immense squelette de baleine plane actuellement au-dessus des visiteurs dans le grand hall du MoMA. Cette œuvre monumentale restera visible jusqu’au 1er mars. L’artiste mexicain Gabriel Orozco a récupéré cette carcasse échouée sur la côte Pacifique. Il a ensuite tracé des lignes noires sinueuses sur les os du cétacé. Ce travail graphique souligne avec force les mouvements de la colonne vertébrale. Le créateur révèle ainsi un rythme interne et presque musical à ce corps sans vie.

Cette sculpture impressionnante incarne parfaitement la démarche globale de Gabriel Orozco. À 48 ans, il s’impose comme une figure majeure de la scène artistique contemporaine. Son art s’ancre profondément dans le quotidien, le vivant et le hasard. Il aime effacer les frontières entre l’objet trouvé et la sculpture traditionnelle. Ses propositions lient souvent la rigueur des mathématiques à la douceur de la poésie.

De la baleine du MoMA à la mythique Citroën DS

Gabriel Orozco utilise régulièrement des restes humains ou animaux dans son travail. Il avait déjà marqué les esprits en 1997 avec son œuvre célèbre nommée Black Kites. L’artiste avait recouvert un véritable crâne humain avec un damier au graphite dessiné à la main. Cette création explorait la tension permanente entre l’ordre et le chaos. Elle questionnait aussi les limites entre la vie et la mort.

L’artiste sait également bousculer le monde industriel avec un humour subtil. Il a provoqué une grande surprise en 1993 avec sa sculpture intitulée La DS. Pour ce projet, il a coupé une voiture Citroën en trois morceaux dans le sens de la longueur. Il a ensuite réassemblé les parties latérales pour créer un modèle extrêmement étroit. Ce véhicule aérodynamique modifié contestait directement les normes industrielles de l’époque.

Une grande rétrospective attendue au Centre Pompidou à Paris

Le Centre Pompidou à Paris consacre une grande rétrospective à Gabriel Orozco du 15 septembre au 3 janvier 2011. Le public pourra y découvrir ses installations majeures ainsi que ses créations plus discrètes. Le musée exposera des dessins sur papier et des objets trouvés transformés. Des photographies de détails urbains ou naturels complèteront ce parcours riche.

Le créateur mexicain considère que chaque élément de notre environnement peut devenir une œuvre d’art. Une simple flaque d’eau ou un fruit tranché suffisent à nourrir sa réflexion. Gabriel Orozco travaille toujours sans atelier fixe et privilégie les interventions directement sur place. Il se laisse guider par les rencontres fortuites et les imprévus géographiques. Ce rapport mobile au monde donne une dimension universelle et profonde à son travail. Son art invite le spectateur à ralentir pour observer la poésie cachée dans l’éphémère.

6 Commentaires

  1. C’est superbe.
    ‘Jurassic Park’ à la rencontre de ‘L’Aventure intérieure’, le tout filtré par Marcel Duchamp ; en gros :  » y’a un os dans le ready-made  » !!!
    Gabriel Orozco est un artiste d’envergure.
    Curieux de voir ce qu’il montrera à Beaubourg. Rendez-vous à l’automne 2011.

  2. ça ne change pas d’Our body, toujours la même fascination pour l’exposition « du » cadavre. Toujours le même goût morbide pour la profanation ordinaire. On nous fait partout manger visuellement du cadavre, les catastrophes naturelles s’exposent par l’entremise humanitaire, et les musées, qui n’ont rien de mieux à se mettre sous la dent se contentent du même registre morbide. La mort hante nos esprits. Pour quelle finalité, pour quel projet de société?
    Le modernisme me manque… quoique ce projet rappelle les problématiques du spectateur en rapport avec l’objet minimal. Les trois LLL de Robert Morris positionnés différemment dans l’espace étaient plus ouverts que pour ces quelques os. Le ventre de la mère de la baleine ne représente qu’un seul espace, celui du retour intra-utérin… œuvre étroite, pas trop de possibilités pour le spectateur de se placer différemment dans l’espace. La projection dans le cadavre baleine n’est pas suffisant pour la perception compassionnelle en vigueur dans les musées d’art.

  3. Je trouves votre article et votre dossier inintéressant, Je vais avoir besoin d’un peu de temps pour bien assimiler le tout quand même. Bonne continuation et longue vie à votre site !

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